Ville Lac-Mégantic

Rapports 2014 sur la qualité de l'eau

Évaluation de l’impact à long terme de la contamination sur la qualité de l’eau souterraine exploitée par les puits municipaux.

RÉSUMÉ

La Ville de Lac-Mégantic est alimentée en eau potable à partir de 3 puits municipaux situés en bordure de la rivière Chaudière à environ 3 km au nord-est du centre-ville. Ces 3 puits exploitent un aquifère de sable et gravier situé approximativement entre 60 et 75 m de profondeur par rapport au niveau du sol naturel et la stratigraphie à l’endroit des puits municipaux est marquée par la présence d’une épaisse couche de matériel peu perméable (argile compacte à sable argileux) d’environ 60 m d’épaisseur allant de la surface jusqu’à la zone aquifère. Cette couche peu perméable confine la zone aquifère et celle-ci est donc de type « captive ».

Le 6 juillet 2013, à Lac-Mégantic, un train transportant plusieurs dizaines de wagons de matières dangereuses, principalement des hydrocarbures, a déraillé en plein centre-ville causant d’énormes dégâts et provoquant le déversement de quelques centaines de milliers de litres de pétrole brut dans le secteur du déraillement. Une partie du pétrole a aussi atteint le Lac Mégantic et la rivière Chaudière en s’écoulant à la surface du sol, en se déversant par les émissaires du réseau d’égouts et en s’infiltrant puis en ressurgissant à travers les remblais et les dépôts meubles souterrains.

Devant l’ampleur du déversement d’hydrocarbures provoqué par l’accident ferroviaire, il fut jugé nécessaire de vérifier si la source d’approvisionnement en eau potable de la population de Lac-Mégantic était à risque d'être exposé à la contamination présente à la surface dans la zone de déversement. Laforest Nova Aqua inc. (LNA), qui a supervisé l’ensemble des travaux de recherche en eau ayant menés à la mise en production des puits et qui supervise actuellement le suivi de la zone aquifère exploitée par les puits municipaux, a alors présenté un plan d’intervention visant à vérifier la possibilité de migration des contaminants déversés au site de l’accident vers la zone aquifère exploitée. Sur la base de ce plan d’intervention proposé, LNA a reçu deux mandats distincts, soit un mandat axé sur la caractérisation de la qualité de l’eau souterraine à l’endroit de différents points d’observation de la zone aquifère et un mandat axé sur la réalisation d’un modèle conceptuel de la zone aquifère exploitée par les puits municipaux afin d’évaluer le risque de migration de la contamination vers la zone aquifère.

Concernant le mandat de caractérisation de la qualité de l’eau souterraine à l’endroit de différents points d’observation de la zone aquifère, les 3 campagnes de caractérisation réalisées (juillet, octobre et novembre 2013) ont permis d’établir les concentrations en hydrocarbures et autres contaminants présentes naturellement (aussi appelées « bruit de fond ») à différents points de la zone aquifère exploitée par les puits municipaux.

D’autre part, le mandat visant à réaliser un modèle conceptuel de la zone aquifère exploitée par les puits municipaux a permis de répertorier les informations stratigraphiques disponibles dans le secteur de Lac-Mégantic; de plus, 2 piézomètres d’observation pouvant être utilisés comme puits d’alerte ont été construits dans la zone avale du déversement, soit le puits LM/PO-11-13 en bordure de la rivière Chaudière à proximité du barrage et le puits LM/PO-12-13 à proximité du centre sportif Mégantic (CSM).

Sur la base des informations stratigraphiques répertoriées, des coupes stratigraphiques selon différents axes ont été réalisées, permettant ainsi d’extrapoler l’extension des unités stratigraphiques interceptées par les puits municipaux jusque dans le secteur du déversement.

Sur la base de cette extrapolation, il est probable que les unités stratigraphiques peu perméables d’une épaisseur totale d’environ 60 m soient présentes sous la zone du déversement, assurant ainsi un bon niveau de protection à la zone aquifère exploitée. S’il s’avère que ces unités peu perméables soient effectivement présente sous le site du déversement, le temps de transfert vertical de l’eau à partir de la surface jusqu’à la zone aquifère est estimé à 705 années. Lorsque l’eau de surface atteint finalement la formation aquifère, le temps de migration horizontale de la zone de l’accident jusqu’aux puits municipaux est estimé à 14 ans. Ces estimations comportent une incertitude étant donné les hypothèses assumées quant à la continuité de la séquence stratigraphique jusqu’au secteur du déversement et quant à l’homogénéité des unités stratigraphiques.

Sur la base de cette incertitude, il devient pertinent de formuler la recommandation principale suivante afin d’assurer la sécurité d’alimentation en eau potable de la Ville:

  • Réaliser le suivi annuel des paramètres HP C10-C50, HAP et COV aux puits d’observation LM/PO-12-13 et LM/PO-11-13 pendant 5 ans et faire le point après cette période sur la pertinence de poursuivre ce suivi. Idéalement, procéder aux échantillonnages en période de recharge printanière. Mentionnons que la Ville poursuivra un suivi directement au réseau municipal, ce qui permettra de vérifier la qualité de l’eau extraite à l’endroit aux puits municipaux.

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